Le Mashup qui fait le tour de l’horloge

Notamment exposée il y a peu au Centre Pompidou, « The Clock » de Christian Marclay est une installation vidéo de 24 heures, constituée de milliers de séquences cinématographiques.
C’est aussi une horloge : toutes les scènes contiennent une indication de l’heure et sont synchronisées avec l’heure de la projection.
Lorsqu’une horloge indique 02:18 dans le film, il est 02:18 à la montre du spectateur…

Quand je vous disais que le Mashup Cinéma est dans l’air du temps.

 

Extraits d’entretien de Christian Marclay par Eric Clément

D’où est venue l’idée de The Clock?

Il arrive un moment dans notre existence où on sent que le temps passe trop vite. C’est une réflexion qu’on a dans la cinquantaine. Et puis le temps est essentiel pour moi dans la musique, car elle se décline dans le temps, comme John Cage l’avait si bien exprimé dans son oeuvre 4’33 (4 minutes 33 secondes). C’est donc une oeuvre tant visuelle que sonore sur le temps.

The Clock est un hommage au cinéma et à l’obsession du temps chez l’être humain?

Je ne sais pas si on est plus obsédés par le temps aujourd’hui que dans le passé, mais on le mesure plus qu’avant avec nos montres, nos téléphones, nos ordinateurs. Nos vies sont un peu chronométrées et d’une façon nouvelle.

A-t-il été difficile de trouver ces milliers d’extraits de films pour construire The Clock?

Je me suis occupé du montage et mes assistants ont fait la recherche. Regarder des films toute la journée est un boulot assez agréable! J’avais en moyenne six assistants.Ils devaient chercher des images dans des westerns américains, des films japonais, français, des films de Bollywood, etc. Il fallait avoir le plus de diversité possible dans le genre et dans les langues puisque la bande-son est la trame sonore originale.

A-t-il été fastidieux de faire en sorte que l’heure dans le film soit la même que celle de la montre du spectateur?

C’est trois ans de montage tous les jours! Ç’a été très fastidieux. Mais j’espère que quand on regarde The Clock, on ne pense pas tellement à cet aspect et qu’on se laisse prendre par l’action.

Avec The Clock, on réalise que le temps correspond à une multitude d’attitudes que l’on a dans nos vies…

Oui, on se lève à peu près à la même heure, on mange aux mêmes heures. On est très dépendants de ce rythme complètement artificiel. Le soleil dicte un certain rythme, mais on vit aussi beaucoup au rythme de nos iPhone.

Avez-vous privilégié des acteurs ou des réalisateurs que vous aimiez?

Absolument pas. C’est toujours l’extrait qui déterminait le choix.

Comment avez-vous fait pour assurer une fluidité sonore si naturelle?

C’était essentiel, comme la colle qui tient le tout. Le son, c’est plus facile que l’image, car on peut mélanger deux sons et en obtenir un troisième, ce qu’on ne peut pas faire avec l’image.

Vous n’avez pas eu de problèmes de droits pour utiliser tous ces extraits de films?

Non, ça constitue du fair use («usage loyal»), puisqu’on crée quelque chose d’unique à partir des extraits. Si j’avais filmé tout ça, ça aurait été très ennuyeux. C’est parce qu’on reconnaît les films que ça rend le projet intéressant.

 

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