Vietnam Paradiso

V ietnam Paradiso, décor entier Huê

La bande-annonce du film et le programme des projections-spéciales

 

Je vous invite à lire ici la critique du film parue dans Le Monde du 17 septembre 2013

Si vous n’êtes pas abonné au journal, voici une retranscription de l’intégralité de l’article :

« Vietnam Paradiso » :   en route vers soi, trouver les autres

A vingt ans, Julien Lahmi décide de partir au Vietnam. Il a deux projets en tête. Le premier, le plus simple à comprendre mais le plus ardu peut-être, est de renouer avec ses racines : il est né à Paris, mais sa mère est née à Hanoï, où sa grand-mère vivait. Le second projet, le plus original sans doute, est de mettre en place un cinéma itinérant, qui voyagera d’un orphelinat vietnamien à l’autre pour projeter des films d’animation, et former un atelier grâce auquel les enfants pourront réaliser le leur.

Construit comme un carnet de voyage où l’on collerait souvenirs, dessins, photos, pêle-mêle avec le récit que l’on s’écrit à mesure, Vietnam Paradiso adopte rapidement une logique fragmentaire, servie par un travail de montage aussi efficace qu’inventif. Ralentis et accélérés, noir et blanc et couleurs, flous, nets, images figées ou photographiées, prises de son réelles et voix off, séquences animées, rock anglais et chants vietnamiens se superposent et s’enchaînent dans le fourmillement d’une grammaire audiovisuelle pourtant toute simple à saisir.

Parmi ces fragments de Vietnam, le spectateur est invité à piocher avec gourmandise les siens : sourires d’enfants, sonorités récurrentes de la langue, quelques prénoms, quelques formules, les échanges sans paroles entre les Français dont le lexique vietnamien s’épuise en quelques mots et les petits qui leur volent l’initiative de la rencontre.

LE TRAVAIL DU DOCUMENTARISTE JOLIMENT EXPOSÉ

Poétique, authentique, sensible, Vietnam Paradiso mérite bien des qualificatifs élogieux, mais il est avant tout, et c’est en cela peut-être qu’il est le plus remarquable, un film honnête. Alors que beaucoup de documentaires proposent quelque chose de l’ordre du produit fini, la matière première ayant été digérée, mûrie, travaillée, Julien Lahmi, en parallèle d’un travail visuel et sonore tout à fait intéressant, s’attache à restituer l’évolution du projet et de son sens, en parallèle avec le voyage lui-même.

Résolu à renouer avec ses racines, il constate rapidement, comme il l’expose en voix off, que cet impératif originel tend à s’estomper au profit de chemins prévus ou parasitaires, aux détours desquels il se laisse prendre : la rencontre avec les enfants, dont la tristesse n’est pas celle qu’il imaginait, l’imbroglio bureaucratique qu’il faut affronter pour obtenir les autorisations nécessaires à la mise en place des ateliers, l’amour même, en la personne d’une jeune Vietnamienne en qui il reconnaît une âme sœur.

Cette distance féconde qui sépare ce que l’on croyait trouver – et ce que l’on croyait vouloir trouver – de ce que l’on trouve, est l’un des paramètres essentiels du travail du documentariste. Mais on l’a rarement vu aussi lisiblement et joliment exposée qu’ici.

Noémie Luciani

3 réflexions sur “Vietnam Paradiso

  1. Je suis née au Viêt-Nam. J’y suis retournée plusieurs fois. Vietnam Paradiso est profond, émouvant, humain. Merci beaucoup pour ce cheminement. Je chemine également…

  2. Merci d’avoir eu le courage de réaliser un tel film. Il nous a ouvert une fenêtre sur le monde et a éclairé d’une lueur de joie le regard des enfants.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s